January 19, 2026

Yvoire : l’heure de rééquilibrer les priorités

Un modèle de gouvernance tourné vers le tourisme

Depuis plus de vingt ans, la commune d’Yvoire est administrée par des équipes majoritairement issues du monde du commerce et de l’activité touristique. Ce choix a produit des résultats concrets. Le village a vu son attractivité croître, son image se renforcer et son économie touristique se structurer. Yvoire est devenue une destination reconnue, visitée et appréciée bien au-delà de la région.

Ce développement a permis de soutenir l’activité économique locale et de renforcer la visibilité du village. Ces acquis sont réels et doivent être reconnus. Le tourisme fait partie intégrante de l’identité d’Yvoire et continuera d’en être un pilier essentiel.
Cependant, cette orientation très marquée vers le tourisme a peu à peu déséquilibré la manière de penser le village, en laissant de côté une autre réalité : celle des habitants et de leur vie quotidienne à l’année.

Des habitants progressivement relégués au second plan

À force de concevoir Yvoire avant tout comme une destination touristique, les problématiques liées aux habitants ont été mises au second plan. Depuis vingt ans, les mêmes questions reviennent sans réponses durables. Que fait-on concrètement pour les jeunes parents qui s’installent ? Comment accompagne-t-on les familles dans leur quotidien ? Quelles solutions sont proposées pour les aînés ? Comment crée-t-on une véritable vie de village, en dehors des saisons touristiques ?

Un village ne peut pas se limiter à son attractivité économique. Il est d’abord un lieu de vie. Or, beaucoup d’habitants ont aujourd’hui le sentiment que leurs besoins passent après ceux des visiteurs, que les décisions sont prises sans réelle prise en compte de la vie locale à l’année. Ce décalage s’est installé progressivement, jusqu’à devenir une source de frustration et de tensions.

Des projets locaux sans résultats concrets

Au fil des années, plusieurs projets présentés comme destinés aux habitants ont vu le jour : maison de l’histoire, maison des associations, boulangerie communale. Sur le papier, ces initiatives répondaient à des besoins légitimes. Dans les faits, elles n’ont pas rencontré le succès attendu.

La maison des associations reste largement vide et n’est pas devenue le lieu de vie et de rencontres espéré. La boulangerie s’est soldée par un semi-échec. La maison de l’histoire n’a pas créé de dynamique locale durable. Ces constats ne sont pas anecdotiques. Ils révèlent un problème de méthode et de concertation. Lorsqu’un projet est pensé sans une implication réelle des habitants, il peine à trouver sa place et son utilité.

L’école et les tensions avec Excenevex : un signal d’alarme

La situation de l’école, gérée en commun avec Excenevex, est aujourd’hui l’un des dossiers les plus préoccupants. Les tensions persistantes autour de ce sujet ne sont pas acceptables. Lorsqu’il s’agit d’enfants, les adultes ont une responsabilité collective : celle de garantir un cadre serein, stable et respectueux de l’intérêt des élèves.

Laisser ces tensions perdurer montre que les enjeux liés aux habitants, et en particulier aux familles, ne sont pas traités avec la priorité qu’ils méritent. Une commune qui se projette dans l’avenir ne peut pas considérer l’école comme un sujet secondaire ou comme une simple variable d’ajustement.

Le risque de reproduire les mêmes erreurs

Aujourd’hui, un nouveau projet est mis en avant : la création d’un centre médical. Le besoin est réel et l’intention est légitime. Mais la méthode interroge. Les expériences passées montrent que, lorsque les projets sont mal conçus ou déconnectés des usages réels, ils échouent. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le risque est de voir émerger un équipement coûteux, sous-utilisé, voire vide.

Un centre médical ne se décrète pas. Il se construit avec une vision claire, une stratégie crédible et une concertation approfondie. Sans changement de méthode, ce projet pourrait devenir un nouvel échec au détriment des habitants.

Redonner la priorité aux habitants, sans opposer économie et vie locale

L’objectif n’est pas d’opposer habitants et commerçants, ni de remettre en cause le rôle essentiel du tourisme. Il s’agit de rééquilibrer les priorités. Un village qui fonctionne bien pour ses habitants est aussi un village plus attractif pour les visiteurs.

Redonner la priorité aux habitants, c’est penser Yvoire comme un lieu de vie avant d’être une vitrine. C’est créer des événements toute l’année, développer des activités intergénérationnelles, favoriser les liens sociaux, soutenir les familles, les enfants et les aînés. C’est faire vivre le village douze mois sur douze.

Un nouveau souffle pour Yvoire

C’est pour toutes ces raisons qu’un changement d’équipe est aujourd’hui nécessaire. Non par opposition, mais par besoin de renouvellement. Yvoire a besoin d’un nouveau souffle, porté par des habitants engagés, concernés par les réalités du quotidien et désireux de construire un avenir équilibré.

Cette liste existe pour permettre aux habitants de reprendre leur place, de réinvestir leur village et de participer pleinement aux décisions. Construire un Yvoire pensé d’abord pour ceux qui y vivent, afin qu’il soit ensuite naturellement accueillant, vivant et durable pour tous.

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